Archive de la catégorie ‘CWT Meetings & Events’

Emploi : Pourquoi est-il si difficile de recruter en agence ?

Lundi 12 mars 2018

Les offres d’emploi en agences de voyages ont rarement été aussi nombreuses. La moitié d’entre elles concernent des postes de conseiller voyage. Pour autant, les employeurs reçoivent trop peu de CV et peinent à recruter.

Le constat est partagé par la majorité des professionnels. Les candidats à l’embauche manquent et depuis plusieurs mois les agences de voyages ne parviennent plus à compléter leurs équipes. Pour Bernard Boisson, directeur général de Voyages E. Leclerc, « le réservoir de profils qualifiés est de plus en plus faible. Qu’il s’agisse des postes de conseiller voyage ou de chef de comptoir, les recrutements sont de plus en plus compliqués ». Même constat pour Emmanuel Foiry, président de Kuoni Voyages, qui déplore une situation devenue particulièrement tendue: « Le métier de commerce en off-line souffre énormément. On peut parler d’une pénurie en agences de voyages, on n’arrive pas à avoir assez de vendeuses et de vendeurs, de gens qualifiés ».

 

Ces difficultés de recrutement touchent l’ensemble des métiers du secteur. « Les tensions sont présentes aussi sur les postes de tour operating, les profils de production, les billettistes, les emplois aériens ou le voyage d’affaire, précise Charles de Vivie, président de la commission des affaires sociales des Entreprises du Voyage (ex-Snav). Mais les emplois de conseiller voyage sont particulièrement touchés. Chaque année, les agences recrutent près de cinq mille personnes, tout postes confondus. Depuis 2017, et notamment depuis l’élection présidentielle, nous sommes face à une accélération des recrutements. Les besoins augmentent du fait des renouvellements de postes, mais aussi des ouvertures de points de vente. » Certaines entreprises recherchent une vingtaine de collaborateurs supplémentaires en permanence.

 

Si la situation désarçonne les entreprises du secteur, habituées à recevoir un nombre important de CV pour chaque annonce publiée, elle profite aux cabinets spécialisés dans le recrutement. « Les délais de recrutement se sont allongés, notamment en régions. Il y a deux ans, la situation était complétement différente, avec une pléthore de candidats et peu d’offres », explique Sophie-Caroline Dubois, manager division Hôtellerie et Tourisme pour le cabinet de recrutement Michael Page. « Les postes juniors sont toujours plus faciles à pourvoir. Ceux à forte valeur ajoutée, notamment dans le voyage haut-de-gamme, posent davantage de problèmes. Les exigences des employeurs sont également de plus en plus précises sur des compétences très spécifiques, ce qui a tendance à rallonger les délais de recrutement. »

 

Les profils recherchés par les employeurs ont évolué, avec davantage d’exigence sur les connaissances techniques, les destinations, les capacités commerciales, la maîtrise des langues étrangères, la bonne expression orale et écrite. Et les employeurs peinent parfois à retrouver ces qualités chez les candidats. Pour Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, l’inadéquation entre la formation et les besoins explique ces difficultés de recrutement : « Lorsqu’un jeune intègre une école de tourisme, il veut être chef de production dans un TO. Or nous avons besoin de billettistes et de commerciaux. Actuellement, nous réfléchissons avec nos partenaires à la refonte des programmes, essentiellement du BTS, pour que les étudiants soient mieux formés aux besoins du marché. »

 

Face à cette pénurie de candidats, certains mettent en cause le manque d’attractivité du secteur. Bernard Boisson regrette que seul le tiers des diplômés reste dans le métier. Les étudiants ont également tendance depuis plusieurs années à bouder les formations. « Les métiers en agences souffrent d’une image surannée. Le off-line attire moins que le on-line considéré par les étudiants comme un secteur d’avenir », explique Charles de Vivie. « On prédisait la mort des agences de voyages il y a cinq ou dix ans, mais elles continuent à attirer de plus en plus de clients. Les entreprises doivent prendre cette problématique à bras-le-corps pour rajeunir leur image. »

 

Un autre aspect peut expliquer cette perte d’attractivité, celui des salaires, réputés peu élevés. « Pendant des années, les agences ont bénéficié d’une main-d’œuvre motivée et peu chère. Aujourd’hui, à 1500 euros brut par mois, notamment en région parisienne, on ne peut plus attirer les candidats », ajoute Charles de Vivie. « A 1800 euros, l’intérêt est plus grand. Les candidats ont bien compris qu’ils pouvaient faire jouer la concurrence sur les salaires. Pour autant, les marges restent faibles en agences et limitent de fait la capacité d’augmenter significativement les rémunérations. Les employeurs peuvent faire jouer d’autres arguments : les conditions de travail au sens large, les tickets restaurant, l’intéressement, la participation, les éductours. Je suis convaincu que nous sommes dans une période de transition. » Pour Sophie-Caroline Dubois, de Michael Page, une à deux années seront nécessaires pour que l’offre et la demande de candidats se réajustent.

 

Au-delà de la refonte des formations et du rajeunissement de l’image du travail en agences, les organisations professionnelles envisagent de nouvelles pistes pour compléter leurs équipes. Les Entreprises du Voyages ont développé des partenariats avec des entreprises et des organismes de formation, pour aider au repositionnement des formations et des entreprises, et avec le Seto pour valoriser le métier. Désormais, certains groupes, comme Kuoni, commencent à penser à une nouvelle approche des recrutements. Ils envisagent de miser un peu plus sur les qualités et le comportement général des candidats, plutôt que sur la formation initiale, quitte ensuite à former les salariés en interne. Un parti-pris déjà expérimenté et adopté depuis de nombreuses années par d’autres entreprises du secteur touristique, comme Accor ou Club Med.

Attirer les candidats avec des événements

La tendance se confirme. Les entreprises misent de plus en plus sur des journées de recrutement pour attirer et séduire les candidats, embaucher et constituer un vivier de profils prometteurs. La méthode est déjà bien en place dans des groupes comme Disneyland Paris, Club Med ou la SNCF. Chaque année, Disneyland Paris organise plusieurs événements de recrutement dans des villes européennes afin de pourvoir près de 8000 postes en CDI et des contrats saisonniers. Le Club Med recrute mille GO et GE pour ses villages. Le matin, les candidats assistent à une présentation de l’entreprise et de son fonctionnement, l’après-midi est consacré aux entretiens de recrutement en tête à tête. D’autres acteurs du secteur ont adopté ce type d’événement. Le 20 janvier dernier, le zoo de Beauval a ainsi organisé son propre forum de l’emploi pour former ses équipes saisonnières. Croisieurope recevait les candidats présélectionnés lors de sa journée de l’emploi le 1er mars à Paris, Lyon et Strasbourg pour des emplois de commissaire de bord, chef de cuisine, serveurs, animateur de croisière ou matelot. La compagnie aérienne Vueling a, elle aussi, proposé une journée portes ouvertes fin janvier, dans un hôtel Hilton à Paris, pour recruter du personnel navigant pour ses bases de Paris-Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle. Les agences de voyages emboîtent le pas. Kuoni s’est laissé séduire par cette formule plus conviviale qui permet de faire découvrir l’entreprise et les équipes, dans l’agence rénovée du boulevard Malesherbes à Paris. Quatre à cinq postes sont à pourvoir dans les agences du réseau en région parisienne. Une belle occasion également de valoriser son image employeur.

LE QUOTIDIEN DU TOURISME – 12/03/2018

Comment venir à bout des écarts de salaires entre les hommes et les femmes ?

Vendredi 9 mars 2018

SOCIAL A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes ce jeudi, «20Minutes» revient sur les causes des inégalités salariales en France…

  • Les      femmes gagnent 25 % de moins que les hommes tous postes confondus.
  • Mais      elles touchent 9 % de moins que les hommes à poste équivalent ;
  • Elles      se heurtent notamment à un plafond de verre lorsqu’elles deviennent mères.
  • Les      mesures législatives pour lutter contre ces écarts salariaux ne semblent      pas assez contraignantes pour les entreprises.

A l’heure de l’affaire Weinstein et de la dénonciation des injustices subies par les femmes, les inégalités de salaire sont plus que jamais un sujet de crispation. Une cinquantaine de mesures en faveur de l’égalité femmes-hommes seront d’ailleurs présentées lors d’un comité interministériel jeudi à Matignon, qui est aussi Journée internationale des droits des femmes,.

Stéréotypes et emplois précaires

Car aujourd’hui encore, « les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à poste équivalent et 25 % en moyenne de moins que les hommes tous postes confondus », a rappelé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dans le JDD en janvier dernier.

Dans les 25 % d’écart entre la rémunération des femmes et celle des hommes, une part s’explique par des retards culturels, la persistance des clichés sexistes dès l’enfance, le fait qu’elles n’accèdent pas à tous les métiers qu’elles pourraient exercer », a-t-elle indiqué. Un avis partagé par Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle : « ces écarts globaux de salaires sont dus au fait que les femmes occupent plus souvent que les hommes des emplois précaires ou à temps partiel. Mais aussi que 44,8 % des emplois féminins soient concentrés dans quelques secteurs peu rémunérateurs, comme l’administration publique, la santé, l’enseignement ou l’action sociale ». Pour s’attaquer à ces causes, les gouvernements successifs se sont attelés à la lutte contre les stéréotypes sexistes, contre l’autocensure dans les choix d’orientation des filles, contre le temps partiel subi. Un travail de longue haleine qui prendra encore du temps.

Les inégalités à poste égal inacceptables

« Mais l’écart de 9 % qui demeure à travail égal aurait déjà dû disparaître », s’est emportée Muriel Pénicaud, qui a promis de leur faire un sort d’ici la fin du quinquennat. Car selon Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, « cet écart témoigne des discriminations vécues par les femmes dans le monde du travail ». Et ce, dès leurs premiers pas professionnels, estime Diane Dupont, consultante diversité chez Diversidées : « En début de carrière, les femmes touchent 4 % de moins que les hommes à poste égal », affirme-t-elle. « Le diplôme d’une femme vaut moins que le diplôme d’un homme, car il est fragilisé par le « délit de maternité » », surenchérit  Brigitte Grésy.

« Et ces écarts salariaux grandissent en cours de carrière avec l’arrivée des enfants et le fait qu’elles n’aient pas accès aux mêmes promotions que les hommes », souligne Diane Dupont. Suspectées d’être moins disponibles si elles ont des enfants en bas âge et subissant encore l’inégal partage des tâches domestiques, les femmes se heurtent à un plafond de verre dans l’entreprise.

« La culture du présentéisme dans les entreprises pénalise beaucoup les femmes. Le fait de sortir tard du bureau étant considéré comme une valeur d’excellence, les femmes qui doivent rentrer tôt chez elles pour s’occuper de leurs enfants restent souvent sur la touche », commente Brigitte Grésy. « D’autant que les hommes ont tendance à se coopter entre eux et ont moins le réflexe de confier un poste à responsabilité et le salaire qui va avec à une femme », souligne Louis Maurin.

La maternité a un coût professionnel

Depuis 2006, grâce à  la loi sur l’égalité salariale, une salariée de retour de congé de maternité doit bénéficier des augmentations générales ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée de son congé par les salariés relevant de la même catégorie professionnelle qu’elle. Mais les choses ne sont pas si claires sur le terrain. « La loi n’est pas toujours appliquée, notamment, parce qu’il n’existe pas de sanctions », souligne Brigitte Grésy. « Encore beaucoup de PME ne connaissent pas la loi », souligne aussi Marie Donzel, consultante chez Alternego et experte de l’égalité femmes-hommes.

Par ailleurs, des sanctions financières ont été prévues pour les entreprises n’ayant pas mis en place de plan d’action ou d’accord relatif à l’égalité professionnelle. Depuis 2013, environ 150 sanctions auraient été émises, alors qu’il existe beaucoup plus d’entreprises récalcitrantes. Mais il n’y aurait pas assez d’inspecteurs du travail pour effectuer suffisamment de contrôles. « Or si on ne sanctionne pas, la loi n’est pas respectée », souligne Marie Donzel.

Des inégalités de matière de négociation

Si certaines femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes à poste égal, c’est aussi parce que leur rapport de force avec leur employeur ne serait pas le même, selon Marie Donzel : « Une étude a montré que les femmes ont 25 % moins de chances d’obtenir une augmentation car pour une entreprise, il est moins coûteux de dire non à une femme qu’à un homme. Et ce parce qu’en cas de refus, ce dernier aura le réflexe d’aller chercher immédiatement du travail, alors qu’une femme mettra beaucoup de temps à prendre la décision de chercher ».

De plus, les employeurs ne porteraient pas le même regard sur les hommes ou les femmes qui négocient, selon Brigitte Grésy : « Quand une femme demande une augmentation, elle l’obtiendra peut-être, mais sa démarche sera connotée négativement par son manager, comme si elle était vénale. Alors que la demande d’augmentation d’un homme sera considérée comme légitime ».

S’y ajoute l’idée que les femmes auraient un moindre réflexe négociateur que les hommes, selon Diane Dupont : « En France, ce ne sont pas les meilleurs salariés qui progressent, mais ceux qui communiquent le mieux sur ce qu’ils font. Or, on a moins habitué les femmes à demander alors que les hommes savent le faire et sont conscients de leur valeur ». Un avis partagé par Brigitte Grésy : « Les femmes ne sont pas de pauvres choses timides. Mais il est vrai que depuis leur naissance, elles se construisent autour de la notion d’altruisme, là où un homme forge son identité autour de la prise de risque et la valorisation de lui-même », estime-t-elle. De plus, selon Marie Donzel. « Une femme ne regarde pas son salaire​ comme un indicateur de sa valeur professionnelle, mais aura plus tendance à le négocier en fonction de ses besoins matériels ».

Et si les salaires étaient plus transparents ?

Enfin, le manque de transparence en France sur les salaires pénaliserait aussi les femmes dans leur tentative de jouer à égalité avec leurs collègues occupant les mêmes postes. « L’Allemagne favorise depuis janvier 2018 la transparence en matière de rémunération. Une femme peut ainsi demander à connaître le salaire d’au moins six collègues masculins, occupant une fonction similaire. Cela permet aux femmes d’avoir les bons arguments pour négocier », insiste Marie Donzel. Une telle initiative semble difficilement envisageable aujourd’hui en France. « Et si elle l’était, encore faudrait-il que les femmes se saisissent de ce droit. Mais certaines n’auraient-elles pas peur de revendiquer auprès de leurs managers ? », s’interroge Diane Dupont.

D’autres défenseurs de l’égalité salariale hommes-femmes, veulent s’attaquer à une autre racine du problème en instaurant un congé paternité obligatoire, seule solution efficace selon eux pour changer le regard des recruteurs. ‘allongement de congé pour les jeunes pères est aussi évoqué. Un rapport de l’Igas (Inspection générale des Affaires sociales) vient d’être commandé par la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa sur le sujet.

20 MINUTES – 08/03/2018

Voyages d’affaires : un marché en croissance avec des entreprises matures et opportunistes

Vendredi 9 mars 2018

Selon l’édition 2018 du Baromètre Européen du Voyage d’Affaires organisé par American Express Global Business Travel, la reprise économique amorcée depuis deux ans se confirme avec des dépenses de voyages qui ont progressé de 3,15% en 2017, soit une reprise supérieure aux prévisions effectuées fin 2016 (+ 2,5%). Cette dynamique est principalement tirée par les entreprises de taille moyenne (+ 5%) et par celles de petite taille (+ 3%). Cette année, la croissance des dépenses est évaluée en augmentation de 3,4%.

Comme chaque année, il y avait foule, au Pavillon Cambon à Paris, lors de la présentation du Baromètre Européen du Voyage d’Affaires dans le cadre du salon EVP. Pour cette 27ème édition, l’étude a été menée auprès d’un périmètre de près de 1 000 entreprises de toutes tailles, issues de 11 pays européens. « Cela permet de dresser un panorama riche et pertinent des tendances et pratiques au sein du voyage d’affaires. Un véritable radar des tendances » s’explique Matthieu de Lubersac, business manager chez American Express, qui constate que « le voyage n’est plus seulement de la compétence du Travel Manager (17%, soit – 7 points), mais relève aussi de la direction financière (27%) ou de la direction des achats (22%) ».

Le principal enseignement de ce Baromètre est que l’optimisme reste de mise pour 2018. On aurait pu le penser, encore fallait-il le dire. Pour cette année, la croissance des dépenses est estimée à 3,4%. Une bonne nouvelle pour la profession d’autant plus que le contexte géopolitique, en particulier les effets du Brexit et les mesures de « travel ban » décidées par le président américain Donald Trump, n’ont pas eu d’impact significatif sur les dépenses voyages pour quasiment deux tiers des entreprises sondées.

 

Cette étude nous montre également que l’agence de voyages représente 4,5% des dépenses de voyage. Ce chiffre s’élève à 4% pour la France, légèrement en dessous de la moyenne. Le coût de l’agence tient principalement à deux facteurs, la taille de l’entreprise, et dans une certaine mesure le nombre d’agences utilisées.

Le dynamisme du marché se retrouve également quand on interroge les entreprises sur le nombre de collaborateurs en déplacement. Cette année, ces derniers sont davantage sur le terrain : 42,1% contre 39,7% en 2016. « Cela montre qu’on a confiance dans le futur » souligne Matthieu de Lubersac.

 

Ce qui est encourageant, c’est que la dynamique du marché semble s’installer durablement. 26% des entreprises interrogées indiquent en effet des budgets en progression pour 2018. Les zones de développement de l’activité restent en priorité l’Europe, les marchés nationaux et l’Amérique du Nord devant les zones Asie, Amérique du Sud, Afrique et Moyen-Orient.

 

Dans la continuité des baromètres précédents, quatre facteurs caractérisent le pilotage de politique voyage et l’accompagnement des voyageurs par les entreprises :

  • La sécurité, priorité N°1, et critère essentiel dans la définition d’une politique voyage. 84% des grandes entreprises indiquent avoir mis en place des solutions de « duty of care » contre 71% pour les sociétés de taille intermédiaire et 52% pour les petites entreprises.
  • L’amélioration de l’expérience voyageur et la place du mobile.
  • Les coûts et les leviers d’optimisation.
  • La prise en compte de la satisfaction des voyageurs.

 

Si le modèle de la TMC est celui qui génère le plus d’économies, il apparait clairement que les TMC sont de plus en plus challengées sur leur business model. Le recours à leur service se déplace nettement cette année en faveur d’entreprises ayant une gestion mature et opportuniste de leurs déplacements professionnels. Elles représentent presque la moitié du marché (48% contre 31% en 2016) et n’hésitent pas à challenger les TMC en tant que fournisseur principal.

« Si l’an dernier le voyageur était co-constructeur de la politique voyage de l’entreprise (PVE), il est aujourd’hui l’acteur principal de cet éco-système » résume Matthieu de Lubersac. En conclusion, l’agence de voyages doit donc faire évoluer son positionnement, « forte de sa plus-value affirmée » afin d’être pleinement le vecteur de changement et de maturité de chaque organisation dans la gestion de ses déplacements, de ses coûts mais surtout de ses voyageurs ».

LE QUOTIDIEN DU TOURISME – 09/03/2018

 

Les entreprises investissent (de nouveau) dans les voyages d’affaires

Vendredi 9 mars 2018

Le baromètre européen du voyage d’affaires dévoilé hier par Amex GBT confirme la reprise du secteur.

C’est l’un des rendez-vous majeurs du secteur. Hier, à l’occasion de la 27e édition de l’EVP, s’est tenue la présentation du baromètre européen du voyage d’affaires pour l’année 2018. American Express Global Business Travel a interrogé 1 000 entreprises de toutes tailles, issues de 11 pays européens, pour dresser un bilan du marché l’an dernier et dessiner les grandes tendances de cette année.

Avec une hausse des dépenses de 3,15% en 2017 au niveau européen et de 1,8% en France, « le marché est très optimiste« , indique Matthieu de Lubersac, business development manager chez American Express Global Business Travel, en charge de la présentation du baromètre. Ces dépenses, supérieures aux prévisions réalisées fin 2016 qui tablaient sur une croissance de 2,5%, continueront leur ascension en 2018 avec une hausse estimée à 3,4%.

Ainsi, le contexte géopolitique, en particulier les effets du Brexit et les mesures du « Travel Ban » initiées par Donald Trump, n’ont pas eu d’impact pour la majorité des répondants.

Pourquoi les entreprises se déplacent-elles ?

Selon le baromètre, 72% des entreprises se déplacent pour développer l’actif client (+3% par rapport à 2016), 17% pour des rendez-vous intra-entreprises et 11% pour rendre visite aux fournisseurs.

Comme depuis plusieurs années, la sécurité des voyageurs reste la première priorité des entreprises devant l’efficacité et la productivité des voyageurs avant et après le voyage, le coût pour l’entreprise et la satisfaction des voyageurs.

Que coûte une agence ?

Au global 79% des entreprises déclarent travailler avec au moins une agence, un chiffre stable par rapport à l’année dernière, confirmant la valeur d’avoir une gestion des dépenses de voyages.

Mais cette année, la tendance à recourir à plusieurs agences est en progression de 7 points. Elle se traduit également par une augmentation du phénomène de mix agences, profitant aux acteurs online et aux plateformes de réservation B2B.

Le baromètre révèle également le coût d’une agence dans le budget déplacements d’une entreprise. Il est en moyenne de 4,5% en Europe mais avec quelques disparités en fonction des pays : il est de 5,6% en Grande-Bretagne, 5,5% en Italie, 5% en Allemagne et seulement de 4% en France.

Les TMC de plus en plus challengées

En France, la part des réservations réalisées par les agences reste relativement élevée, de l’ordre de 62% contre 26% pour l’open booking et 12% pour les réservations mixtes. « Les entreprises, particulièrement les grands comptes, attendent de l’agence d’avoir un rôle de co-constructeur en s’impliquant dans la phase de construction et de déploiement de la politique voyage« , note Matthieu de Lubersac.

D’une manière plus globale, les TMC se trouvent de plus en plus face à un enjeu d’adaptation de leur modèle de collaboration. 25% des entreprises déclarent les challenger sur leur business modèle (+6% par rapport à l’an dernier) ce qui nécessite une remise en cause importante notamment concernant les choix d’intégration de fournisseurs technologiques et de mobilité dans leurs offres de services.

« La légitimité de l’agence n’est pas remise en cause mais des discussions s’opèrent sur le business modèle« , souligne Matthieu de Lubersac. D’autant qu’au sein des entreprises, le voyage est de moins en moins une affaire de spécialiste.

Les travel managers ne sont plus que 17% à être les responsables de la gestion du budget voyages d’affaires contre 27% pour la direction financière, 22% pour la direction des achats et 15% pour la direction des ressources humaines.

TOUR HEBDO – 09/03/2018

Inégalité hommes-femmes au travail : y a du boulot !

Vendredi 9 mars 2018

journée internationale des droits des femmes

Les Entreprises du Voyage et le SETO ont lancé une enquête en partenariat avec le cabinet Ithaque sur l’égalité hommes – femmes dans le secteur des agences de voyages et TO. Si les écarts de rémunérations sont plus faibles que la moyenne nationale, il reste encore quelques efforts à faire. A l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, TourMaG.com fait le point.

 

Dans la branche, plus de 80% des effectifs sont des femmes et la part des salariées monte à 86% dans les métiers spécifiques de tourisme.

 

C’est un des chantiers que souhaite mener le gouvernement : supprimer les inégalités salariales et supprimer d’ici 2022, l’écart de salaire entre femmes et hommes à poste égal.

« L’égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel et la loi Roudy sur l’égalité a 35 ans. Le principe, c’est à travail égal, salaire égal » avait déclaré en janvier dernier la ministre du Travail Muriel Pénicaud au Journal du Dimanche.

Sauf que dans les faits, les écarts de salaires sont de l’ordre de 22% en France selon l’édition 2018 des tableaux de l’économie française publiée fin février par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

L’enquête de l’Insee s’appuie sur les chiffres de 2015. Les femmes sont moins bien payées quelque que soit la catégorie socio-professionnelle (cadre, profession intermédiaire, employé, ouvrier). Toutes catégories confondues le salaire mensuel net moyen pour un salarié de sexe masculin atteint 2438 euros alors qu’il s’établit à 1986 euros par mois pour une femme.

Une situation que l’on retrouve au niveau au européen : les femmes ont gagné en moyenne 16% de moins que les hommes dans l’Union Européenne en 2016 avec des disparités selon les pays (source eurostat). L’organisme en charge des statistiques à l’échelle communautaire fait de son côté était d’un écart de 15,2% en 2016 pour la France.

Le gouvernement n’est pas seul à vouloir gommer les disparités, les Entreprises du Voyage (EdV) et le SETO également. « Jean-Pierre Mas (président des Entreprises du Voyage ndlr) a souhaité que le syndicat s’engage sur un accord de branche sur l’égalité hommes – femmes. Nous avons donc lancé une étude avec le SETO et le cabinet Ithaque dont nous venons de recevoir les premiers résultats » explique Valérie Boned, secrétaire générale déléguée des EdV.

« Nous souhaitons travailler sur un accord cadre pour que les entreprises puissent mettre en place un dispositif visant à l’égalité professionnelle » ajoute-t-elle.

Et selon cette enquête menée auprès des adhérents des deux syndicats (voir méthodologie en encadré) le tourisme s’en sort mieux que la moyenne nationale. Les différences de salaires (bruts) au 31 décembre 2016 sont plus faibles que celles observées sur les chiffres de l’Insee.

 

Des efforts restent à faire dans le tourisme

Toutefois des efforts restent à faire dans toutes les catégories socio-professionnelles.

Dans les 4 principaux groupes de classification (C, D, E et F), l’écart en faveur des hommes est compris entre 5 et 6%. Il est de 7% pour les employés (groupe B) et de 16% pour les cadres (groupe G).

L’écart se creuse encore si l’on tient compte des primes, de l’ancienneté et des gratifications et atteint 15% pour les employés et 20% pour les cadres.

Comme le met en exergue l’enquête, la branche est fortement féminine : plus de 80% des effectifs sont des femmes et la part des salariées monte à 86% dans les métiers spécifiques de tourisme.

Reste que, si la majorité des postes de cadre est occupée par des femmes (63%), les emplois de direction sont accaparés aux 2/3 par des hommes.

« S’il y a encore beaucoup d’hommes au poste de directeurs généraux, on sent une évolution » constate cependant Sophie-Caroline Dubois, manager de la division hôtellerie tourisme Page Personnel (PageGroup) « Manager, directrice de zone, directrice commerciale, directrice agences affaires, directrice des ressources humaines, les femmes commencent à gravir les échelons et cela se généralise. »

 

Les femmes percent le marché

Une tendance confirmée par Valérie Dufour, responsable de la rubrique Emploi de TourMaG.com : « les femmes sont en train de percer le marché ».

Une évolution positive tirée par la bonne santé du secteur. « Nos clients ont un tel besoin de candidats experts qu’ils souhaitent aujourd’hui trouver la bonne personne avec les bonnes compétences » poursuit Sophie-Caroline Dubois de Page Personnel.

Sur les conditions de travail : travail le dimanche, horaires variables, l’enquête d’Ithaque fait apparaître que les salariés masculins et féminins sont concernés dans les mêmes proportions par ces spécificités. Sur le télétravail en revanche, les femmes sont légèrement plus représentées.

Idem pour le temps partiel. Les femmes connaissent un taux de temps partiel supérieur (11%) à celui des hommes (9%).

Si des progrès restent à faire, la bonne nouvelle c’est que l’égalité hommes – femmes est un sujet de préoccupation du gouvernement mais aussi des instances représentatives de la profession.

Reste à savoir quels en seront les effets…

 

Zoom sur l’échantillon des répondants

92 entreprises adhérentes aux EdV et au SETO (représentant 5000 salariés) ont répondu à l’enquête menée par Ithaque. Les plus petites entreprises (moins de 6 salariés) représentent la moitié des répondants mais seulement 5% des effectifs. Les grandes entreprises (plus de 100 salariés) regroupent les 2/3 des emplois salariés.

La moitié des répondants appartiennent au Conseil professionnel des « distributeurs et assembleurs de voyage » mais ils représentent 1/4 des emplois. 18 sont TO et regroupent la moitié des emplois.

1/3 des répondants sont localisés en Ile-de- France.

Le voyage d’affaires représente 8% des entreprises répondantes et 1/4 des emplois. Parmi les métiers exercés par les salariés les emplois spécifiques au tourisme regroupent 3/4 des effectifs. Parmi eux, les emplois d’agence (loisirs et affaires) arrivent en tête avec près de la moitié des effectifs identifiés par l’enquête.

TourMaG – 08/03/2018

 

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